Après l’interview de la chanteuse Claire Bailly qui nous faisait des révélations croustillantes sur sa vie privée, nous recevons cette semaine l’artiste comédienne Clémentine Papouet plus connue sous le nom de Cléclé. Elle nous ouvre un coin de voile sur sa vie privée et son parcours artistique.
Quelle est l’histoire de ta vie ?
Mon histoire n’a pas commencé hier. Elle a commencé dans les années 80. J’ai été déscolarisée à la suite du décès de mon père alors que je n’étais qu’une adolescente. M. Zadi Zahourou qui est de ma région et mon oncle par alliance avait déjà à l’époque une compagnie de théâtre “DITIGA“. J’ai entendu dire qu’il faisait des recrutements et j’ai tenté ma chance. J’ai été prise comme danseuse car nous les petits nous dansions et les grands avaient les textes. Cela n’a pas été facile au début à cause de mon très faible niveau d’études. A vrai dire j’ai un niveau 5e et j’en suis fière. On peut dire que je suis une autodidacte. M. Zadi a commencé à m’enseigner à la maison. C’est comme cela qu’il a élevé mon niveau intellectuel. Je lui dois beaucoup. Dieu est passé par lui. Il m’a donné ce bagage artistique que j’ai. C’est le professeur Zadi Zahourou qui m’a fabriqué artistiquement. Et c’est ici au GTRO mon histoire. Akissi Delta, qui a commencé la télévision depuis les années 70, connaissait mon existence comme celle des autres d’ailleurs. Ceux qui passent à la télé connaissent ceux parmi nous qui faisons le théâtre. C’est ainsi qu’elle m’a contacté. Elle m’a parlé du projet « Ma Famille » en 1995. Je tournais dans le téléfilm « Sida dans la cité » d’Any Tcheley. Elle m’a proposé de jouer le rôle de la femme dominatrice dans son film. On a donc fait « Ma Famille » avec rien que la foi. Ce film a eu ce succès auquel nous ne nous attendions pas.
Nous te connaissons généralement sous le nom de ‘’Cléclé’’, mais quel est ton nom à l’état civil ?
C’est Clémentine Papouet
Cela fait combien de temps maintenant que tu es dans l’art ?
Je suis dans l’art depuis 85 et dans le cinéma depuis 95.
Les demoizels ne te connaissent qu’à la télé. Mais côté vie privée, est-ce que tu es mariée ou as-tu des enfants ?
C’est mon travail qui doit intéresser le spectateur ou le téléspectateur. Pourquoi avez-vous tendance à parler de ma vie privée ? Je suis une femme! En fait, je n’ai pas pu avoir d’enfant. J’ai mes neveux et nièces qui sont mes enfants. J’ai failli en avoir deux. Mais tout ce que Dieu fait est bon. En ce qui concerne le mari, cela fait maintenant 4 ans que je suis une femme libre.
Nous te connaissons à la télé comme la femme dominatrice. Es-ce réellement ton vrai caractère dans la vie de toujours?
Je suis extravertie. Je suis une personne qui ressort ses émotions. Si je suis fâchée avec toi, tu vas le sentir. Je ne suis pas hypocrite. Je n’aime pas biaiser. Je ne suis pas rancunière, mais si quelqu’un m’a fait quelque chose qui ne me plait pas, il doit le savoir.
As-tu déjà été victime du droit de cuissage ?
Dieu merci, je me suis faite cette carapace. Ceux qui m’approchent savent qu’ils ne peuvent pas tenter. Vous pouvez faire votre enquête. Quelqu’un qui veut tourner un film avec moi, me prend pour mes qualités artistiques. Maintenant, si après tout cela, il n’est pas mon parent et qu’on doit tomber amoureux, là c’est autre chose. C’est pour cela que je suis allée dans l’art pas à pas. Je ne me suis pas précipitée. J’ai pris mon temps parce que je veux être un fruit mûr naturellement, pas avec produit. Ce qui veut dire que ceux qu’on précipite sur la scène vous les voyez et puis après on ne sait plus où ils sont. Aujourd’hui je suis une personne forte. Je suis polyvalente. Je suis animatrice télé, je fais les animations de mariage, je chante… Zadi Zahourou m’a appris à être polyvalente. Les grands réalisateurs ont le coup d’œil, quand ils veulent que leur film avance, ils prennent la personne qu’il faut.
Qu’est-ce que l’art pour toi ?
L’art, c’est ma passion. Je ne peux pas vivre sans l’art. J’ai eu beaucoup de problèmes à cause de l’art. Je ne me suis pas mariée véritablement à cause de l’art. Il fallait que je fasse un choix. Très tôt j’avais déjà ma vie. Je devais épouser quelqu’un en Europe, j’ai dû le laisser pour l’art. L’art est ma passion. J’ai voyagé grâce à l’art et j’ai connu plein de personnes. C’est comme la drogue pour certains. Le conseil que j’ai pour vous, les demoizels, est que pour faire l’art il faut être patient, il ne faut pas regarder l’argent. Ceux qui font l’art par amour ne sont pas nombreux. C’est pour cela qu’on a appelé notre association l’AACAPCI (l’Association des Artistes Comédiens et des Acteurs Professionnels de Côte d’Ivoire). Pour entrer chez nous, il faut être un professionnel. Le public n’est pas dupe. Il a le coup d’œil.
As-tu déjà vécu des frustrations dans le milieu de l’art ?
Oui ! Je fais partie des artistes qui se sont le plus combattus. Je comprends parce que mon maître Zadi et mes parents m’ont dit « quand quelque chose brille ça gène! » Pas parce que je suis méchante, mais par mon talent. Quelqu’un qui est nul, va s’en prendre à moi au lieu d’aller se perfectionner. Parfois quand j’ai des spectacles, on appelle pour dire Clémentine est enceinte de 6 mois ! On m’a fait beaucoup de coups comme cela. Des contrats m’ont échappé à cause de la méchanceté de certains. Des personnalités qui viennent me voir, on dit non elle n’est pas là. Comment se fait-il que je ne puisse pas être reçue par Gbagbo ? Je ne parle pas d’aller manger avec lui. Je suis une artiste de ce pays! Mais pour aller le voir le chemin est caillouteux! Je suis contente qu’il ait dit qu’il est là pour tous les ivoiriens et que tout le monde doit avoir accès à lui. Depuis 9 ans que ce pouvoir est là je n’en ai pas bénéficié artistiquement pourtant il y a beaucoup d’artistes qui bénéficient de la manne présidentielle! J’ai besoin qu’on m’aide aussi ! Quand les gens nous voient ils disent « Cléclé je suis fier de toi » mais ils ne sont pas fiers dans leur poche. Je profite donc de cette opportunité pour dire : Président Gbagbo je veux te voir. J’ai mes projets aussi. J’ai déjà fait mon film « ama saoro » et je t’ai envoyé une invitation, tu n’as pas pu venir parce que tu étais occupé. Mais j’ai besoin d’être aidée parce que je veux travailler.
En parlant de méchanceté, certains on dit que tu serais jalouse de la réussite d’Akissi Delta. Est-ce vrai ?
Ceux qui disent ça, ce sont des sorciers. Qu’ils aillent la voir. Ils ne savent que Delta et moi nous sommes ensemble. Samedi dernier on était à la Plage. Quand Delta ouvre la bouche aujourd’hui, elle dit Clémentine est la meilleure. On est des sœurs, et quand il y a quelque chose qui ne va pas, je suis la seule à lui dire ce qui est. Aujourd’hui elle me donne raison. Elle est passée par Thérèse Taba pour venir me parler. Je l’avais boudée parce que ce n’était pas ce qu’on s’était dit. Mais c’est le passé. Sinon, j’ai participé à la réussite du film! Seulement, parce qu’elle est producteur, sa marge est élevée. C’est « Ma Famille » qui nous a tous propulsé. Il n’y a pas de problème entre Delta et moi.
Un conseil aux demoizels ?
Oui. Si vous voulez faire le métier d’artiste, ayez un minimum de formation. La formation ce n’est pas seulement aller dans les écoles académiques. Moi, je n’ai pas fait l’INSAAC. Mais il faut vous approcher de ceux qui connaissent vraiment l’art pour avoir une petite base. Aimer et apprendre le métier. Ne pas aimer la facilité. Le métier de l’art est un métier noble. J’encourage toutes les demoizels qui veulent être artistes. Gros bisous à vous.
Interview réalisé par Stéphanie
Images: Arnaud
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Tags: existence, allais, chanteuse, Affairages, professeur, A LA UNEArticles complémentaires :
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